Les petits veinards (numériques) d’Issy-les-Moulineaux…

On en avait rêvé, nous les mamans un peu trop « fusionnelles », André Santini  (quel saint homme !) l’avait fait ! Nous offrir la possibilité d’observer notre progéniture entre deux réunions et les carottes râpées de la cafet’… via internet.

Et oui, ce rêve est devenu réalité il y quelques années déjà. Deux crèches sur la commune d’Issy-les-Moulineaux (les toutes premières sur le territoire français), équipées de webcams, histoire d’avoir un œil sur junior et ses copains. Pas d’emballement tout de même, la connexion reste limitée à 4 fois par semaine et pas plus d’une demi-heure à chaque session.

Pour fondre devant le sourire édenté de Bébé, il faut tout d’abord, rentrer un code d’accès personnel, puis passer par le PC de la directrice de la crèche. Une fois ces étapes validées, à nous le babillage ! Junior s’ennuie ferme pendant notre conversation ? Qu’à cela ne tienne, il peut imiter papa tapant un rapport, puisque les ordinateurs sont équipés d’un clavier-bébé.

Mais à l’époque de leur naissance des cybercrèches avait connu des détracteurs.

Si, si. Le droit à l’image, le danger « du trop numérique », la liberté d’action…

Et puis d’un point de vue psychologique, le débat s’animait : est-ce vraiment épanouissant de se sentir observé par ses parents ? Le système aide-t-il à « couper le cordon » ? Est-ce que ça ne va pas gêner l’apprentissage ? Doit-on habituer un enfant à être surveillé de la sorte ? Bref, le sujet suscitait quelques inquiétudes…

Et pourtant la CNIL avait fini par donner son accord. Pour 1 an, renouvelable, si l’expérience s’avérait concluante. A deux ou trois petites conditions tout de même : autorisation écrite de tous les parents et du personnel de la crèche. Pas plus de 10 minutes de visioconférence, par enfant, et par jour. Ni enregistrement, ni stockage d’images.

Quelques années après, quelles conclusions peut-on en tirer ? Les recommandations de la CNIL ont été suivies, les enfants semblent s’épanouir aussi bien que leurs petits copains des autres crèches moins… multimédias. Depuis le temps donc, l’eau a coulé sous les ponts et, André Santini, notre Bill Gates des Hauts de Seine, en a ouvert deux autres, au grand bonheur des Isséens.

Nous voilà ainsi rassurés, aucune dérive de surveillance accrue « à l’américaine », de GPS intégré à la semelle des chaussures, de caméra cachée derrière l’œil du nounours. De plus, le concept de la « crèche interactive » s’avérerait sécurisé. Le maire d’Issy-les-Moulineaux se dit plutôt fier de son projet qui cumule l’outil pédagogique et la politique de transparence.

On attend donc toujours impatiemment, les petites sœurs des premières cybercrèches. Le souci est qu’elles se feraient un brin attendre ! Problème budgétaire ? Questions idéologiques ?

Allez M. Santini, faut motiver les troupes, maintenant ! Sinon, tout le monde va venir s’installer chez vous…

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