L’école numérique, comment ca marche ?

Devenez pour quelques minutes élèves de CM1 dans une école d’aujourd’hui, ou plutôt de demain selon la modernité de votre commune…

tbi_promethean-1En entrant dans la classe de Stéphane Coutellier à l’école élémentaire Amandiers de Ménilmontant à Paris, on sent comme un vent de modernité, de XXIe siècle. Un immense écran informatique est accroché au mur et 27 petits boitiers électroniques trônent à côté des trousses de chaque élève. Ici élèves et professeur se tutoient et s’appellent par leurs prénoms, « c’est comme ils le souhaitent » souligne « Stéphane » professeur dans cette école classée en ZEP 5 très prioritaire. Le tableau noir est toujours là, il est plutôt vert d’ailleurs. La poussière de craie aussi. L’écran qui lui fait face fièrement avec son design et ses couleurs à l’autre bout de la pièce est un TBI, un tableau blanc interactif, un véritable appel au clic.

Après quelques récitations pour lesquelles les élèves se battent pour passer au tableau, le professeur ouvre un nouveau chapitre à l’écran, «Représenter le temps ».

ecole-amandier6-copyright-cecile-dardUne frise colorée représente la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen-âge, l’époque moderne et l’époque contemporaine. Stéphane Coutellier utilise ce tableau naturellement, tout est fluide, évident et les enfants sont captivés. La puissance de l’informatique ? Pas seulement, «ces outils ne suffisent pas à capter leur attention. Sans un bon programme, une bonne utilisation et une bonne pédagogie la moitié serait debout sur les tables à lancer des papiers au tableau, qu’il soit interactif ou pas » explique le professeur.

Il démarre ensuite un quizz en image. Rien de plus simple et tout est à portée de stylet. La Tour Eiffel glisse de la banque d’image au centre de l’écran, on tire sur le coin pour l’agrandir et les élèves concentrés se dépêchent d’écrire sur leurs boitiers à quelle époque elle appartient. Un vrai jeu, qui excite vite la classe. « Soit ça se passe bien, soit on fait différemment » menace le prof ; un peu comme une maman qui rappelle son fils à l’ordre s’il s’énerve sur sa console de jeux vidéo. Retour au calme. Le quizz se poursuit, les noms des élèves qui répondent s’affichent en temps réel à l’écran permettant à l’enseignant d’aider toute de suite ceux qui n’ont pas répondu. Salsabil, 10 ans, passe au tableau, prend le stylet et dessine les différences entre une église romane et une église gothique directement sur les images. Un vrai plaisir, quand on a la réponse bien sûr.

boitier_tbi« Les élèves ne prennent pas cela pour un jeu » explique Stephane Coutellier, je fais attention à ce qu’il n’y ait pas de confusion ; à l’école ils sont là pour apprendre ». Fin du quizz, le TBI donne les statistiques de bonnes réponses en direct, très stimulant pour les élèves. Extinction des boitiers qui sont gratifiés d’un « bye bye » ou d’un « salut » très affectueux. Stéphane Coutellier prend maintenant la palette graphique et la tend à Carol-Anne, ce qui lui permet d’écrire sur le TBI à distance. « Au tour des multiplications, cahier du jour, la date, mathématiques », les petits carreaux s’affichent à l’écran, 9432×7 et 9432×67. Plus question de boitier, retour au cahier et au stylo mais correction en direct au tableau. Heureusement les touches « annuler » et « rétablir » sont là. « Ces touches permettent de changer le « statut » de l’erreur, on a désormais le droit de se tromper ».

ecole-amandier3-copyright-cecile-dardTout semble naturel et simple à ces enfants, « c’est moins triste » déclare Salsabil. « J’ai l’impression de jouer comme sur une DS avec mon stylet » avoue Nour, 9 ans, tandis que Islam, 10 ans, voit une aide dans le TBI. « Au tableau noir la craie nous aide pas, il n’y a que nos cerveaux ». Pourtant le professeur le rappelle, le TBI n’est pas une méthode mais seulement un outil et certainement pas un jeu. « Si on pousse trop le côté jeu, la classe peut vite dégénérer. »

Le TBI est dans la classe depuis 5 ans dans cette école. Stéphane Coutellier était un précurseur. D’après le constructeur de tableau blanc interactif Promothean, 56000 écoles primaires sont aujourd’hui équipées de ces tableaux sur 680 000 classes potentielles ». Et le plan « Ecole Numérique rurale » devrait aider la France à  combler son retard. « 15000 TBI ont été installés en 2009 en France et 30 000 sont prévus en 2010 d’après une étude de Future Source Consulting. » explique Alexandre Titin-Snaider, directeur des opérations France de Promothean. A l’école des Amandiers, Stéphane Coutellier n’a même pas présenté le TBI aux élèves cette année. « Avec les DS, ils comprennent l’utilisation tout de suite et sont beaucoup moins béats que les adultes qui entrent dans ma classe. C’est une nouvelle génération parfaitement numérique ».

tableau-noir-copyright-cecile-dardEt le tableau noir alors ? Ici il sert encore uniquement à marquer les devoirs mais la craie a encore de l’avenir dans la majorité des écoles françaises pour quelques années encore. Les TBI équipent pour l’instant très peu d’écoles de l’hexagone mais Jean-Michel Fourgous récemment nommé Parlementaire en mission auprès du Ministre de l’Éducation Nationale afin de mener à bien une mission de réflexion et de propositions pour la promotion des TICE dans l’enseignement scolaire, souhaite changer cela. Il a lancé en septembre dernier une mission chargée de « démultiplier les expériences locales, puis de les généraliser ». Un budget de plus d’un milliard d’euros est nécessaire si l’on veut que la France ressemble à Elancourt, ville dont il est le député-maire et où 100% des classes élémentaires sont équipées de TBI.

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Un dossier publié dans le magazine SVM, www.svmlemag.fr 

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